Entre Paris et Casablanca
On nous demande souvent d'où vient la collection, en s'attendant à un mood board. Il n'y a pas de mood board.
De l'observation, pas des archives
Ce qu'il y a, à la place : une couleur repérée sur la façade d'un immeuble, la géométrie d'un ornement amazigh, le rythme d'une rue à une certaine heure, la texture d'une matière trouvée par hasard, l'atmosphère d'une maison de famille.
Ces fragments sont collectés, gardés avec soi pendant des mois, puis traduits en un objet qui a une anse et une couture. Cette traduction, c'est tout le travail. Une couleur qui fonctionne sur un mur à Casablanca ne fonctionne pas automatiquement sur un sac, et comprendre pourquoi prend du temps.
Deux villes, deux rôles
Paris, c'est là que les choses se dessinent. C'est aussi là que vit la contrainte : la discipline d'un trait, le travail d'épure, la décision de retirer un élément de trop puis d'en remettre la moitié.
Casablanca, c'est là que les choses deviennent réelles, là où le dessin rencontre quelqu'un qui sait exactement ce que le cuir accepte et ce qu'il refuse. Une forme qui semble aboutie sur le papier peut être impossible à assembler. Cette conversation change le dessin, à chaque fois.
Le va-et-vient entre les deux n'est pas une contrainte logistique. C'est la méthode.
Ce qui en sort
Des volumes sculpturaux plutôt que souples. Des associations de couleurs franches plutôt que prudentes. Des silhouettes graphiques qui se lisent de loin.
Des objets profondément ancrés dans la culture marocaine, et faits pour être compris par quelqu'un qui n'y a jamais mis les pieds.